San Francisco/ Gibraltar : Une navigation mythique!

Vendredi 3 septembre 9H, mouillage à San Francisco…. mais celui prés de Fuengirola ;-).
Météo maussade, 21° degrés dans le bateau. Nous sommes tous frigorifiés malgré la sortie des polaires. On sait bien que les vacances sont finies mais quand même. Passer des 32° que nous avions fini par trouver sympa à 21° ça fait bizard… Il doit y avoir un truc avec la météo car on est quand même au sud de l’Espagne.
Peu importe, on va pas oser se plaindre.
Briefing météo : vent d’ouest 15/20 nœuds qui vire au sud ouest en fortifiant. La sentence est sans appel : notre maison bleue ( San Francisco s’éveille…faut suivre..;-)) risque de devenir inconfortable… Et toujours cette volonté féminine d’arriver avant la fin de semaine à Gibraltar pour récupérer le CNED et soigner la dent d’Anaïs.
En quelques secondes la décision est donc prise, malgré le vent et la houle de face, on décolle.
Départ du mouillage à la voile ( la grande classe) puis slalom entre les filets de pêche d’un psychopathe du casier qui a transformé la zone en véritable champ de mine. Et Catapulte avec ses deux dérives plantées plus de 2m50 sous l’eau, n’aime pas du tout les filets…surtout qu’on est au prés très serré et que du coup il n’y a qu’un coté pour éviter…
Puis le passage du cap qui nous protégeais arrive, et la mer qui n’était déjà plus tranquille commence à devenir très nerveuse…. La trinquette est à poste, un premier ris est pris à la grand voile, les vestes de quarts ajoutées par dessus les polaires et Catapulte prend son envol…On le limite à 8/9 noeuds afin d’éviter que tout s’envole à l’intérieur, mais dehors quand il y a 20 noeuds de vent réel de face et que vous allez à 8 noeuds, cela fait plus de 25 noeuds de vent apparent….On sort les bonnets….
Mes moussaillonnes s’habituent. Je commence à caresser l’espoir d’aller directement à Gibraltar. Mais la méditerranée nous retiens. Le vent forcit, la mer refuse et big blue fachée prends des allures marrons vert.
Tactique, on se rapproche de la côte…. Ca marche! Le vent adonne, la mer s’adoucit un peu. Entourés de planches à voile et de Kites (bien après Marbella que même en rêve je n’aurai pas osé dépasser en un bord 3 heures plus tôt ) il est temps de virer car les mouettes ont bientôt pieds.
Un grand bord à 45°, on vire. Et la tout d’un coup Magique!!! Nous voyons les colonnes d’Hercules, la porte de l’atlantique est devant nous!!! Séquence émotion. Oui on y est presque!!!
Catapulte s’enivre, accélère! Un deuxième virement à 45° pile. Pas possible!!! Vu le vent et la mer même un quillard blindé n’y arriverait pas. Retour à la table à carte, analyse de la trace GPS…C’est parfait!!! Magnifique!!!
Mais les heures ont passées et il est temps de faire le point avec mon équipage. Soit on mouille avant la nuit, soit ont tire encore 3/4 bords pour aller au port? La nuit, le vent, le froid, bon ok on va mouiller.
Audrey prépare les crêpes, des odeurs de fêtes foraines arrivent à la barre. Je surveille car Catapulte ne lâche rien et accélère, accélère… Degré par degré je lofe pour le ralentir. Mais la vérité semble se dessiner : La méditerranée abandonne et l’Atlantique nous appelle… degré par degré…la mer se calme, le vent adonne…je laisse catapulte s’envoler….Margot sur mes genoux prend un réel plaisir à appuyer sur le +1 de Charlie dés qu’on dépasse les 11 Noeuds. L’évidence est maintenant la : je descends annoncer la nouvelle au milieu des crêpes qui parfument tout le bateau : Ce soir on dort à Gibraltar!!!
Le soleil baisse, l’Atlantique nous ouvre ses bras. A gauche l’Afrique, à droite l’Europe. Au milieu le bonheur tout simplement et des crêpes délicieuses!!!
La suite, on range les voiles, on découvre le courant des marrées en slalomant entre les super tankers et autres cargos de plus de 300 mètres de long. On cherche une place au port en Anglais sur le 9, le 12, le 71… plus de place nulle part. La nuit tombe. Au loin les torcher des méga raffineries ont du mal a éclairer notre chemin et, les ombres fantasmagoriques des pétroliers que nous frôlons deviennent de plus en plus inquiétantes.
On avance et on cherche en Espagnol? Pas de réponse. Trop tard. Un aéroport, Google Map, une plage. On laisse tomber l’ancre par 5m de fond. 60 m de chaine pour bien dormir! Je suis très fier de mon équipage. On s’endort dans le calme. Le lendemain tout le monde se réveille au milieu de la Linéa. Simple, Magique. Nous sommes en Atlantique!
En image :
- Bonnet de sortie,va falloir trouver une solution…
- Ca Fume….
- Appareil photo étanche obligatoire
- La porte de l’Atlantique
- Colonne d’Hercule
- Catapulte on the rock
- Prés trés serré…et ca avance fort…
- Comme dans les livres : 45degrés bord à bord
- A gauche l’Afrique, à droite l’Europe, au milieu le bonheur!!!
- L’appareil était pourtant à l’horizontal pour prendre la photo…
- Houla, il y a du monde,vafalloir slalomer…
- Une navigation de Rêve!