{"id":1186,"date":"2015-09-04T11:44:42","date_gmt":"2015-09-04T10:44:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.catapulte.eu\/?p=1186"},"modified":"2015-09-22T17:15:37","modified_gmt":"2015-09-22T16:15:37","slug":"retour-sur-une-navigation-mythique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.catapulte.eu\/2015\/09\/04\/retour-sur-une-navigation-mythique\/","title":{"rendered":"San Francisco\/ Gibraltar : Une navigation mythique!"},"content":{"rendered":"

Vendredi 3 septembre\u00a0 9H, mouillage \u00e0 San Francisco…. mais celui pr\u00e9s de Fuengirola ;-).<\/p>\n

M\u00e9t\u00e9o maussade, 21\u00b0 degr\u00e9s dans le bateau. Nous sommes tous frigorifi\u00e9s malgr\u00e9 la sortie des polaires. On sait bien que les vacances sont finies mais quand m\u00eame. Passer des 32\u00b0 que nous avions fini par trouver sympa \u00e0 21\u00b0 \u00e7a fait bizard… Il doit y avoir un truc avec la m\u00e9t\u00e9o car on est quand m\u00eame au sud de l’Espagne.<\/p>\n

Peu importe, on va pas oser se plaindre.<\/p>\n

Briefing m\u00e9t\u00e9o : vent d’ouest 15\/20 n\u0153uds qui vire au sud ouest en fortifiant. La sentence est sans appel : notre maison bleue ( San Francisco s’\u00e9veille…faut suivre..;-)) risque de devenir inconfortable… Et toujours cette volont\u00e9 f\u00e9minine d’arriver avant la fin de semaine \u00e0 Gibraltar pour r\u00e9cup\u00e9rer le CNED et soigner la dent d’Ana\u00efs.<\/p>\n

En quelques secondes la d\u00e9cision est donc prise, malgr\u00e9 le vent et la houle de face, on d\u00e9colle.<\/p>\n

D\u00e9part du mouillage \u00e0 la voile ( la grande classe) puis slalom entre les filets de p\u00eache d’un psychopathe du casier qui a transform\u00e9 la zone en v\u00e9ritable champ de mine. Et Catapulte avec ses deux d\u00e9rives plant\u00e9es plus de 2m50 sous l’eau, n’aime pas du tout les filets…surtout qu’on est au pr\u00e9s tr\u00e8s serr\u00e9 et que du coup il n’y a qu’un cot\u00e9 pour \u00e9viter…<\/p>\n

Puis le passage du cap qui nous prot\u00e9geais arrive, et la mer qui n’\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus tranquille commence \u00e0 devenir tr\u00e8s nerveuse…. La trinquette est \u00e0 poste, un premier ris est pris \u00e0 la grand voile, les vestes de quarts ajout\u00e9es par dessus les polaires et Catapulte prend son envol…On le limite \u00e0 8\/9 noeuds afin d’\u00e9viter que tout s’envole \u00e0 l’int\u00e9rieur, mais dehors quand il y a 20 noeuds de vent r\u00e9el de face et que vous allez \u00e0 8 noeuds, cela fait plus de 25 noeuds de vent apparent….On sort les bonnets….<\/p>\n

Mes moussaillonnes s’habituent. Je commence \u00e0 caresser l’espoir d’aller directement \u00e0 Gibraltar. Mais la m\u00e9diterran\u00e9e nous retiens. Le vent forcit, la mer refuse et big blue fach\u00e9e prends des allures marrons vert.<\/p>\n

Tactique, on se rapproche de la c\u00f4te…. Ca marche! Le vent adonne, la mer s’adoucit un peu. Entour\u00e9s de planches \u00e0 voile et de Kites (bien apr\u00e8s Marbella que m\u00eame en r\u00eave je n’aurai pas os\u00e9 d\u00e9passer en un bord 3 heures plus t\u00f4t ) il est temps de virer car les mouettes ont bient\u00f4t pieds.<\/p>\n

Un grand bord \u00e0 45\u00b0, on vire. Et la tout d’un coup Magique!!! Nous voyons les colonnes d’Hercules, la porte de l’atlantique est devant nous!!! S\u00e9quence \u00e9motion. Oui on y est presque!!!<\/p>\n

Catapulte s’enivre, acc\u00e9l\u00e8re! Un deuxi\u00e8me virement \u00e0 45\u00b0 pile. Pas possible!!! Vu le vent et la mer m\u00eame un quillard blind\u00e9 n’y arriverait pas. Retour \u00e0 la table \u00e0 carte, analyse de la trace GPS…C’est parfait!!! Magnifique!!!<\/p>\n

Mais les heures ont pass\u00e9es et il est temps de faire le point avec mon \u00e9quipage. Soit on mouille avant la nuit, soit ont tire encore 3\/4 bords pour aller au port? La nuit, le vent, le froid, bon ok on va mouiller.<\/p>\n

Audrey pr\u00e9pare les cr\u00eapes, des odeurs de f\u00eates foraines arrivent \u00e0 la barre. Je surveille car Catapulte ne l\u00e2che rien et acc\u00e9l\u00e8re, acc\u00e9l\u00e8re… Degr\u00e9 par degr\u00e9 je lofe pour le ralentir. Mais la v\u00e9rit\u00e9 semble se dessiner : La m\u00e9diterran\u00e9e abandonne et l’Atlantique nous appelle… degr\u00e9 par degr\u00e9…la mer se calme, le vent adonne…je laisse catapulte s’envoler….Margot sur mes genoux\u00a0 prend un r\u00e9el plaisir \u00e0 appuyer sur le +1 de Charlie d\u00e9s qu’on d\u00e9passe les 11 Noeuds. L’\u00e9vidence est maintenant la : je descends annoncer la nouvelle au milieu des cr\u00eapes qui parfument tout le bateau : Ce soir on dort \u00e0 Gibraltar!!!<\/p>\n

Le soleil baisse, l’Atlantique nous ouvre ses bras. A gauche l’Afrique, \u00e0 droite l’Europe. Au milieu le bonheur tout simplement et des cr\u00eapes d\u00e9licieuses!!!<\/p>\n

La suite, on range les voiles, on d\u00e9couvre le courant des marr\u00e9es en slalomant entre les super tankers et autres cargos de plus de 300 m\u00e8tres de long. On cherche une place au port en Anglais sur le 9, le 12, le 71… plus de place nulle part. La nuit tombe. Au loin les torcher des m\u00e9ga raffineries ont du mal a \u00e9clairer notre chemin et, les ombres fantasmagoriques des p\u00e9troliers que nous fr\u00f4lons deviennent de plus en plus\u00a0 inqui\u00e9tantes.<\/p>\n

On avance et on cherche\u00a0 en Espagnol? Pas de r\u00e9ponse. Trop tard. Un a\u00e9roport, Google Map, une plage. On laisse tomber l’ancre par 5m de fond.\u00a0 60 m de chaine pour bien dormir! Je suis tr\u00e8s fier de mon \u00e9quipage. On s’endort dans le calme. Le lendemain tout le monde se r\u00e9veille au milieu de la Lin\u00e9a. Simple, Magique. Nous sommes en Atlantique!<\/p>\n

En image :<\/p>\n\n\t\t